METHODOLOGIE DE L'EXPLICATION DE TEXTE EN STL

Publié le 21 Mars 2013

 

METHODOLOGIE DE L'EXPLICATION DE TEXTE EN STL

 

I-Définition de l'exercice

Il s'agit d'un texte philosophique d'une dizaine de lignes interrogé par des questions. Celles-ci ne sont pas indépendantes les unes des autres. La dernière question pose un problème qu'il faut comprendre. Vous y répondrez en vous appuyant sur tout le travail d'explication du texte réalisé précédemment.

Cet exercice a pour but de vérifier ces compétences intellectuelles : lire un texte, saisir son sens, repérer son organisation, expliquer certaines de ses phrases, analyser une problématique basée sur l'extrait et y répondre.

 

II- Structure des questions

En général, la première porte sur la problématique du texte ( son objet, la question examinée par l'auteur) et (ou) la thèse de l'auteur (réponse de l'auteur au problème) et (ou) la structure du passage (le plan de l'extrait). Enfin, la dernière est un sujet de dissertation que vous devez traiter en reprenant les idées du texte, mais aussi en usant du cours, de votre culture, des événements de l'actualité, etc.

 

III- Conseils pour réaliser le travail

1- Lisez le texte plusieurs fois, lentement et en respectant la ponctuation.

2- Déterminez le thème ou la notion qu'il met en jeu et posez une question qui correspond à la problématique du passage.

3- Exposez très rapidement la position de l'auteur.

4- Faites le plan du texte en reformulant chaque idée:déterminer les différentes parties et donner leur un titre en faisant une phrase simple.

5- Passer aux questions posées dans l'énoncé de l'exercice.

 

Notre conscience nous avertit que nous sommes des êtres libres. Avant d'accomplir une action, quelle qu'elle soit, nous nous disons que nous pourrions nous en abstenir. Nous concevons divers motifs et par conséquent diverses actions possibles, et après avoir agi, nous nous disons encore que, si nous avions voulu, nous aurions pu faire autrement. - Sinon, comment s'expliquerait le regret d'une action accomplie ? Regrette-t-on ce qui ne pouvait pas être autrement qu'il n'a été ? Ne nous disons-nous pas quelquefois « Si j'avais su, j'aurais agi autrement ; j'ai eu tort. » On ne s'attaque ainsi rétrospectivement qu'à des actes contingents ou qui paraissent l'être. Le remords ne s'expliquerait pas plus que le regret si nous n'étions pas libres ; car comment éprouver de la douleur pour une action accomplie et qui ne pouvait pas ne pas s'accomplir ? -Donc, un fait est indiscutable, c'est que notre conscience témoigne de notre liberté.

 

Henri Bergson

 

Travail au brouillon

2- Deux notions sont ici en jeu : conscience/liberté. Est-ce notre conscience qui nous permet de nous saisir comme être libre ?

3- Notre pensée consciente nous révèle notre liberté grâce à la réflexion sur l'exercice de notre volonté. La preuve en est donnée après un choix : on est conscient qu'un autre choix aurait pu être possible. Les sentiments de regret et de remords nous le confirment.

4- I- « Notre conscience...autrement » : L'auteur montre que notre conscience réfléchit les motifs raisons ou possibilités d'une action. Elle peut aussi nous la faire éviter : la liberté réside dans la capacité de notre conscience de choisir ou de ne pas choisir.

II- « Sinon...tort .» : Regrets et remords sont des sentiments qui prouvent notre liberté. Si on regrette ou si on a des remords, c'est qu'on aurait pu faire autrement, c'est à dire choisir une autre option.

 

Exemple de questions :

1- Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.

La thèse de l'auteur nous dit que le fait d'être conscient nous indique que nous sommes libres.

Elle est établie par la possibilité de faire ou de ne pas faire une action et aussi par l'idée qu'après l'avoir faite, on se dit qu'on aurait pu la faire autrement. Regretter et avoir du remords montrent que notre volonté est libre.

 

2-a) Analysez ce que nous disons avant d'accomplir une action et après avoir agi. En quoi ce témoignage de notre conscience montre-t-il que nous sommes des êtres libres ?

Avant d'agir on peut se dire que l'on a toujours la possibilité de ne pas agir « nous pourrions nous en abstenir ». Après l'acte, notre pensée peut revenir sur ce qui s'est passé et nous faire critiquer ce que l'on a fait en imaginant d'autres manières de faire (« nous aurions pu faire autrement »). Seul un être libre sait consciemment qu'il a toutes ces possibilités de choix.

 

b) En prenant appui sur un exemple, expliquez : « On ne s'attaque ainsi rétrospectivement qu'à des actes contingents ou qui paraissent l'être. »

Avoir fui les difficultés peut donner lieu à un reproche ultérieur parce que l'on sait qu'on aurait pu les affronter. Les actions sont définies ici comme contingentes : elles peuvent ne pas avoir lieu. Ou bien certaines paraissent l'être : ici l'auteur veut nous signifier que quelquefois certaines actions sont nécessaires et que nous les disons contingentes pour nous les reprocher ou nous en rendre responsable. Une personne est de mauvaise foi et nous déteste. Faire de l'ironie sur son côté têtu va déclencher nécessairement son irritation alors que l'on peut se dire que nous en sommes la cause. En fait, de par sa haine, elle ne peut que mal réagir. Ainsi, nous rendant responsable, on est un agent libre.

c)Expliquez: « Le remords ne s'expliquerait pas plus que le regret si nous n'étions pas libres. »

Le remords suppose une souffrance morale. On se sent responsable et on pense qu'on aurait pu agir ou faire autrement. Le remords implique, ce qui n'est pas le cas du regret, un sentiment de culpabilité. Si toutes les actions étaient nécessaires, nous ne serions pas en mesure d'éprouver ces deux sentiments. Contingentes, les actions renvoient à un agent qui décide et choisit. Un individu par conséquent libre.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Résumé :

 

Au Brouillon :

*Problématique

*Solution de l'auteur ou sa thèse

*Plan détaillé

Sur la copie : *Répondre aux questions

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

La dernière question est une mini dissertation qui interroge la ou les notions du texte et qui va vous permettre de reprendre en partie votre travail, mais en l'élargissant et en utilisant votre cours par exemple. Elle se présente sous la forme d'une question.

 

Ex : notre conscience témoigne-t-elle de notre liberté ?

 

TRAVAIL AU BROUILLON

1- D'abord, il faut bien comprendre la question ; pour cela, il faut définir les termes qui la composent.

Définition de conscience:état de l'individu qui sait ce qu'il pense et fait ; ensemble des savoirs d'un individu sur lui-même et le monde ; capacité de prendre connaissance de quelque chose.

Définition de témoigner : exprimer, montrer, manifester quelque chose, prouver l'existence de, communiquer ce que l'on a vu.

Définition de liberté : être autonome, faire ce que l'on veut, choisir en toute indépendance.

 

EN QUOI CES DEFINITIONS VOUS AMENENT-ELLES VERS UN PROBLEME ?

La question suppose alors qu'il suffit d'avoir conscience de nos choix, de nos décisions pour constater que nous sommes effectivement libres. OR nous avons peut-être été conditionnés à décider et agir par des facteurs que nous ne connaissons pas. Pouvons-nous vraiment penser qu'il faut faire confiance à notre savoir de nous-mêmes pour constater notre liberté ?

 

TRAVAIL SUR LA COPIE

Il vous faut passer désormais sur votre copie pour rédiger une petite introduction. Vous y faites figurer une amorce (pourquoi se pose-t-on cette question?) et ensuite, vous introduisez la problématique dégagée au brouillon.

Ex: Si les animaux font les mêmes actions mécaniquement, nous, nous sommes des agents libres car conscients de nous-mêmes et des choix que nous faisons. Mais il existe des situations de notre vie où nous décidons parce que nous sommes influencés (cf. Publicité) et nous ignorons cette influence, alors pouvons-nous vraiment penser qu'il faut faire confiance à notre savoir de nous-mêmes pour constater notre liberté ? En effet, notre conscience témoigne-t-elle de notre liberté ?

 

TRAVAIL AU BROUILLON POUR LE PLAN

  • Il vous faut dégager deux réponses et les argumenter.

  • Il est conseillé de proposer deux arguments dans chaque réponse de façon à avoir un plan clair.

     

    I- Notre conscience témoigne de notre liberté

    1- L'homme est un agent libre contrairement aux animaux.

    Les animaux agissent mécaniquement en fonction de l'instinct répétant inlassablement les mêmes actions. L'homme fait en sorte de choisir, d'agir sans la contrainte de la nature ou en la dépassant.

    J'aperçois précisément les mêmes choses dans la machine humaine, avec cette différence que la nature seule fait tout dans les opérations de la bête, au lieu que l'homme concourt aux siennes, en qualité d'agent libre.

    Rousseau , Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes.1755

    2- Le libre arbitre nous prouve l'existence de notre liberté : nous choisissons consciemment et savons qu'on aurait pu choisir autrement.

    Avant d'accomplir une action, quelle qu'elle soit, nous nous disons que nous pourrions nous en abstenir. Nous concevons divers motifs et par conséquent diverses actions possibles, et après avoir agi, nous nous disons encore que, si nous avions voulu, nous aurions pu faire autrement. - Sinon, comment s'expliquerait le regret d'une action accomplie ? Regrette-t-on ce qui ne pouvait pas être autrement qu'il n'a été ? Ne nous disons-nous pas quelquefois « Si j'avais su, j'aurais agi autrement ; j'ai eu tort. »

    Bergson

     

    II- Partie critique de la première partie.

    1) Notre choix correspond aussi à des phénomènes bio chimiques ; il est donc aussi explicable par des causes physiques (cf. Connexions synaptiques).

    2) Souvent, on n'aurait pas pu en fonction de sa personnalité et des circonstances faire un autre choix. Ce n'est qu'après coup que l'on se dit que tout choix est par définition contingent.

     

    III- Notre conscience ne peut témoigner de notre liberté.Notre pensée est toujours déterminée.

    1- Notre volonté est déterminée par des causes que nous ne connaissons pas. Nous croyons vouloir et désirer mais nous ne pouvons identifier les véritables causes qui les produisent.

    Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d’avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent.

    Spinoza, Lettre à Schuller.

    2- Le déterminisme social et le déterminisme de l'inconscient nous obligent à adopter certains comportements ou à pencher pour certaines options.

 

a) Notre appartenance à une société ou à une classe sociale détermine nos comportements : la publicité répandue dans notre société influence nos choix de consommateur ou encore, une classe sociale aisée aura tendance à choisir certains loisirs correspondant à son niveau de vie.

 

b) Les pulsions inconscientes cherchent à décharger leur énergie dans des représentations psychiques que nous subissons et qui nous apparaissent pourtant provenir de notre conscience : tel désir sexuel paraît être assumé ; en fait, il est imposé par notre inconscient.

 

Freud, Introduction à la psychanalyse.

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Bruno Guitton

Publié dans #Méthodologie

Repost 0
Commenter cet article